Chapitre 4 : Régression linéaire multiple (RLM)

Économétrie (ECON0212)

Natalia Bermúdez

HEC Liège

October 2026

Aujourd’hui — Régression Linéaire Multiple

Au programme

  • Plusieurs variables explicatives dans le modèle
  • Le biais de variable omise
  • Interprétation : variables quantitatives et variables indicatrices
  • Le piège de la collinéarité parfaite
  • Le R^2 ajusté

Point de départ : taille de la classe et performance des élèves

  • Données d’Angrist et Lavy (1999) : classes de CM2 en Israël.
  • Avec une régression linéaire simple (chapitre 2), la taille de la classe était positivement associée aux scores en mathématiques et en lecture.

Régression simple : taille de la classe et score en maths

regress avgmath classize

\widehat{\text{score}}_i = 57.79 + \color{#5b2c74}{0.32}\times \text{taille}_i

Un résultat surprenant

  • Chapitre 2 (Régression simple) : un élève de plus dans la classe est associé à +0.32 point en maths.

  • Chapitre 3 (STAR project - traitement aléatoire ) : « être assigné à une petite classe » était aléatoire, et il augmentait les scores (environ +9 points en maths en maternelle).

Comment réconcilier les deux ? La régression simple n’est pas une expérience aléatoire : les grandes et les petites classes diffèrent peut-être par autre chose que leur taille (par exemple, des caractéristiques observables et non observables).

  • Ex. La localisation : les grandes classes sont plus fréquentes dans les villes riches, les petites dans les régions rurales plus pauvres (plus d’élèves défavorisés). Elle peut influencer à la fois la taille des classes et les scores.

Un facteur confondant : l’origine sociale des élèves

La localisation n’est pas observée, mais disadvantaged (% d’élèves issus de milieux défavorisés, plus élevé dans les régions pauvres) en mesure une dimension clé. Est-il lié à la fois à x et à y ?

Lien avec x (taille de la classe)

👉 Plus de défavorisés \rightarrow classes plus petites.

Lien avec y (score en maths)

👉 Plus de défavorisés \rightarrow scores plus faibles.

Vers la régression multiple

On veut l’effet de la taille de la classe sur le score en contrôlant pour le % d’élèves défavorisés.

\Rightarrow On inclut les deux variables comme régresseurs :

\text{score}_i = \beta_0 + \beta_1\, \text{taille}_i + \beta_2\, \text{défavorisés}_i + e_i

  • \beta_1 : relation entre taille et score à % de défavorisés donné, c’est-à-dire purgée de l’effet de disadvantaged.
  • C’est une régression linéaire multiple.

Plan du cours

  1. Le modèle de régression linéaire multiple (RLM)
  2. Le biais de variable omise
  3. Variables quantitatives et variables indicatrices
  4. R^2 ajusté

Le modèle de régression linéaire multiple

Objectif : enrichir le modèle pour prendre en compte les facteurs qui sont simultanément liés à y_i et à x_{i1}.

Dans la population, on suppose la relation linéaire :

y_i = \beta_0 + \beta_1 x_{i1} + \beta_2 x_{i2} + \dots + \beta_k x_{ik} + e_i

  • y_i : variable dépendante (ex. score moyen en maths de la classe i)
  • x_{i1}, \dots, x_{ik} : les k variables explicatives (ex. taille de la classe, % de défavorisés).
  • \beta_0 : constante ; \beta_1, \dots, \beta_k : les k pentes \Rightarrow k+1 paramètres inconnus.
  • e_i : terme d’erreur, regroupe tous les facteurs non inclus dans le modèle.
  • Le modèle est linéaire dans les paramètres (comme au chapitre 2).

Estimation de la RLM par MCO

Comme au chapitre 2, on choisit les estimateurs b_0, b_1, \dots, b_k qui MINIMISENT LA SOMME DES CARRÉS DES RÉSIDUS :

\min_{b_0, b_1, \dots, b_k} \; \sum_{i=1}^n \hat e_i^2 = \sum_{i=1}^n \big(y_i - b_0 - b_1 x_{i1} - \dots - b_k x_{ik}\big)^2

  • Le problème est plus complexe : k+1 paramètres \Rightarrow k+1 estimateurs (b_0, b_1, \dots, b_k), obtenus à partir de k+1 conditions du premier ordre.
  • Il n’y a plus de formule « simple » du type \text{cov}/\text{var} pour chaque pente : Stata résout le système pour nous.

On obtient ensuite, comme avant :

  • les valeurs prédites : \widehat y_i = b_0 + b_1 x_{i1} + \dots + b_k x_{ik}
  • les résidus : \hat e_i = y_i - \widehat y_i

Interprétation : le cas k=2

y_i = \beta_0 + \textcolor{red}{\beta_1} x_{i1} + \beta_2 x_{i2} + e_i

Étape 1. On régresse x_{i1} sur x_{i2} (et une constante), et on garde le résidu \color{#1a7a3d}{\hat r_{i1}} :

x_{i1} = \gamma_0 + \gamma_1 x_{i2} + r_{i1}, \qquad \textcolor{#1a7a3d}{\hat r_{i1}} = x_{i1} - \hat\gamma_0 - \hat\gamma_1 x_{i2}

\color{#1a7a3d}{\hat r_{i1}} = la partie de x_{i1} qui n’est pas expliquée par x_{i2}.

Étape 2. L’estimateur MCO de \textcolor{red}{\beta_1} dans la régression multiple est :

\textcolor{red}{b_1} = \frac{\sum_{i=1}^n \textcolor{#1a7a3d}{\hat r_{i1}}\, y_i}{\sum_{i=1}^n \textcolor{#1a7a3d}{\hat r_{i1}}^2}

\Rightarrow \textcolor{red}{b_1} est la pente de la régression simple de y_i sur \textcolor{#1a7a3d}{\hat r_{i1}} : \;y_i = \alpha_0 + \beta_1 \textcolor{#1a7a3d}{\hat r_{i1}} + v_i.

Le théorème de Frisch–Waugh–Lovell

Le résultat précédent se généralise à chaque variable explicative x_j :

\textcolor{red}{b_j} = \frac{\sum_{i=1}^n \hat r_{ij}\, y_i}{\sum_{i=1}^n \hat r_{ij}^{\,2}}, \qquad j = 1, \dots, k

où \hat r_{ij} est le résidu de la régression de x_j sur toutes les autres variables explicatives (et une constante).

  • Théorème de Frisch–Waugh–Lovell : \textcolor{red}{b_j} mesure la relation entre y et x_j une fois que l’on a retiré (“netting out”) de x_j, la variation expliquée par les autres variables du modèle.
  • C’est ce qui justifie l’interprétation « en maintenant les autres régresseurs constants », au sens statistique.
  • La constante s’obtient ensuite par : \textcolor{red}{b_0 = \bar y - b_1 \bar x_1 - b_2 \bar x_2 - \dots - b_k \bar x_k}

Interprétation (k=2): toutes choses égales par ailleurs

\widehat y = b_0 + b_1 x_1 + b_2 x_2 \quad\Longrightarrow\quad \Delta \widehat y = b_1\, \Delta x_1 + b_2\, \Delta x_2

Si x_2 est maintenu constant (\Delta x_2 = 0) :

  • Constante b_0 : valeur prédite de y quand tous les régresseurs valent 0.
  • Pente b_j : variation prédite de y associée à une augmentation d’une unité de x_j, en maintenant tous les autres régresseurs constants.
    • Effet marginal sur la valeur prédite, ou une interprétation «toutes choses égales par ailleurs» (TCEPA, ceteris paribus). \Delta \widehat y = b_1\, \Delta x_1 \quad\Longrightarrow\quad b_1 = \textcolor{red}{\frac{\Delta\widehat y}{\Delta x_1}}

⚠️ Attention : seuls les régresseurs inclus sont maintenus constants. Les facteurs non inclus (dans e_i) peuvent encore être corrélés avec x_j et biaiser l’estimation \rightarrow biais de variable omise .

Une nuance dans l’interprétation : les formes non linéaires

La RLM permet aussi de modéliser une relation non linéaire. Exemple (Wooldridge, éq. 3.4) : consommation et revenu des ménages.

\text{cons}_i = \beta_0 + \beta_1\, \text{inc}_i + \beta_2\, \text{inc}_i^2 + e_i

  • Un seul facteur observé (le revenu \rightarrow inc), mais deux régresseurs : x_{i1} = \text{inc}_i et x_{i2} = \text{inc}_i^2.
    • Trois paramètres, estimés par MCO. Le modèle reste linéaire dans les paramètres.
  • ⚠️ L’interprétation TCEPA ne s’applique pas : on ne peut pas faire varier inc en gardant inc² constant !
  • L’effet marginal (ex. propension marginale à consommer) dépend du revenu : \textcolor{red}{\frac{\Delta \text{cons}}{\Delta \text{inc}}} \approx \beta_1 + 2\,\beta_2\, \text{inc}

Application : taille de la classe et milieu social

regress avgmath classize disadvantaged

\widehat{\text{score}}_i = 69.94 + 0.07\,\text{taille}_i - 0.34\,\text{défav}_i

  • b_0 = 69.94 : score prédit pour une classe de 0 élève et 0 % de défavorisés (pas d’interprétation concrète).

  • b_1 = 0.07 : à % de défavorisés constant, un élève de plus est associé, en moyenne, à +0.07 point en maths.

  • b_2 = -0.34 : à taille de classe constante, une hausse de 1 point de pourcentage de défavorisés est associée, en moyenne, à −0.34 point en maths.

Pourquoi b_1 a-t-il changé ?

Régression simple Régression multiple
Coefficient de classize 0.32 0.07
disadvantaged inclus ? non oui
  • Le coefficient de la taille de la classe chute de 0.32 à 0.07 quand on contrôle pour le % de défavorisés.
  • C’était attendu : une partie de l’association positive venait du fait que les grandes classes comptent moins d’élèves défavorisés (en pourcentage).
  • La régression simple attribuait à la taille de la classe un effet qui venait en partie de la composition sociale :
    • Les grandes classes, qui comptent moins d’élèves défavorisés, auraient obtenu de meilleurs scores même si elles avaient été plus petites.

\rightarrow Formalisons ce mécanisme : le biais de variable omise.

Plan du cours

  1. Le modèle de régression linéaire multiple (RLM)
  2. Le biais de variable omise
  3. Variables quantitatives et variables indicatrices
  4. R^2 ajusté

Biais de variable omise (Omitted Variable Bias, OVB)

Variable omise (z) : variable qui affecte y, qui est corrélée avec x, mais qui n’est pas incluse dans la régression. Elle se retrouve alors dans le terme d’erreur.

Trois régressions :

  1. « Vrai » modèle (régression multiple) : \;y_i = \beta_0 + \beta_1 x_i + \textcolor{#d90502}{\beta_2 z_i} + e_i

  2. Modèle estimé (régression simple, z omise) : \;\widehat y_i = \tilde b_0 + \tilde b_1 x_i

  3. Variable omise sur le régresseur : \widehat z_i = \tilde\delta_0 + \textcolor{#DE9854}{\tilde\delta_1 x_i}

E(\tilde b_1 \mid x, z) = \beta_1 + \underbrace{\color{#d90502}{\beta_2} \times \color{#DE9854}{\tilde\delta_1}}_{\text{biais de variable omise}}

[Démonstration] Biais de variable omise

L’estimateur de la régression simple est (chapitre 2) : \;\tilde b_1 = \sum_{i=1}^n (x_i - \bar x)\, y_i \,\big/ \sum_{i=1}^n (x_i - \bar x)^2

On remplace y_i par le vrai modèle y_i = \beta_0 + \beta_1 x_i + \beta_2 z_i + e_i. Comme \sum_i (x_i - \bar x) = 0 et \sum_i (x_i - \bar x) x_i = \sum_i (x_i - \bar x)^2 :

\tilde b_1 = \beta_1 + \textcolor{#d90502}{\beta_2}\, \underbrace{\frac{\sum_{i=1}^n (x_i - \bar x)\, z_i}{\sum_{i=1}^n (x_i - \bar x)^2}}_{=\ \textcolor{#DE9854}{\tilde\delta_1}} + \frac{\sum_{i=1}^n (x_i - \bar x)\, e_i}{\sum_{i=1}^n (x_i - \bar x)^2}

On prend l’espérance conditionnellement aux x_i et aux z_i. Sous l’hypothèse E(e_i \mid x, z) = 0 (H3 du chapitre 2, mais avec deux régresseurs), le dernier terme s’annule:

E(\tilde b_1 \mid x, z) = \beta_1 + \textcolor{#d90502}{\beta_2}\, \textcolor{#DE9854}{\tilde\delta_1} \qquad\Longrightarrow\qquad \text{Biais} = \textcolor{blue}{E(\tilde b_1 \mid x, z) - \beta_1} = \color{#d90502}{\beta_2}\, \textcolor{#DE9854}{\tilde\delta_1}

Biais de variable omise : le signe du biais

\text{Biais} = \underbrace{\color{#d90502}{\beta_2}}_{\text{pente de la régression de } y \text{ sur } z \text{ (à } x \text{ donné)}} \times \underbrace{\color{#DE9854}{\tilde\delta_1}}_{\text{pente de la régression de } z \text{ sur } x}

\color{#DE9854}{\tilde\delta_1} > 0 \color{#DE9854}{\tilde\delta_1} < 0
\color{#d90502}{\beta_2} > 0 biais positif biais négatif
\color{#d90502}{\beta_2} < 0 biais négatif biais positif
  • Si z est observée : on obtient la magnitude du biais (mais alors on l’inclut dans la régression !).
  • En pratique, z est souvent inobservée : on peut quand même raisonner sur le signe du biais.

Exemple

Salaire et années d’études. Variable omise : les capacités (ability). Elles augmentent le salaire (\color{#d90502}{\beta_2} > 0) et les personnes plus capables font en moyenne plus d’études (\color{#DE9854}{\tilde\delta_1} > 0) \Rightarrow biais positif.

Biais de variable omise : notre exemple

(1) Régression simple (z omise) :

\widehat{\text{score}} = 57.79 + \tilde b_1\,\text{taille}, \tilde b_1 = 0.317

(2) Régression multiple :

\widehat{\text{score}} = 69.94 + b_1\,\text{taille} + \textcolor{#d90502}{b_2}\,\text{défav}

b_1 = 0.072, \quad \color{#d90502}{b_2 = -0.340}

(3) Variable omise sur x :

\widehat{\text{défav}} = 35.78 + \textcolor{#DE9854}{\tilde\delta_1}\,\text{taille}

\textcolor{#DE9854}{\tilde\delta_1 = -0.724}

Interprétation du biais :

  • \textcolor{#d90502}{b_2} < 0 : plus de défavorisés \Rightarrow scores plus faibles.
  • \textcolor{#DE9854}{\tilde\delta_1} < 0 : les grandes classes ont moins de défavorisés.
  • \Rightarrow biais = (-) \times (-) > 0.

\underbrace{0.317}_{\tilde b_1} = \underbrace{0.072}_{b_1} + \underbrace{(-0.340)}_{\color{#d90502}{b_2}} \times \underbrace{(-0.724)}_{\textcolor{#DE9854}{\tilde\delta_1}}

La régression simple surestimait l’association entre taille de la classe et score.

Exercice 1

On utilise maintenant le score en lecture (avgverb) comme variable dépendante.

  1. Ouvrir la base grade5.dta dans Stata.

  2. Régresser avgverb sur classize et disadvantaged. Interpréter les coefficients et les comparer avec ceux obtenus pour les maths. Comparer ensuite le coefficient de classize avec celui de la régression simple (sans disadvantaged).

  3. Quelles autres variables disponibles pourrait-on ajouter ? Estimer la régression avec ces variables et discuter le signe et la magnitude des coefficients.

  4. On contrôle maintenant pour religious au lieu de disadvantaged. Quel est le signe du biais de variable omise lié à religious dans la régression simple ? Calculer sa magnitude et l’interpréter. (Indice : régresser religious sur classize pour obtenir \tilde\delta_1.)

Plan du cours

  1. Le modèle de régression linéaire multiple (RLM)
  2. Le biais de variable omise
  3. Variables quantitatives et variables indicatrices
  4. R^2 ajusté

Variables quantitatives et variables qualitatives

Jusqu’ici, les régresseurs étaient quantitatifs : « +1 unité » a un sens.

  • Discrète : l’ensemble des valeurs possibles est fini ou dénombrable (on peut les énumérer). Ex. : taille de la classe \in \{1, 2, 3, \dots\}.
  • Continue : X peut prendre n’importe quelle valeur d’un intervalle. Ex. : revenu, durée, % d’élèves défavorisés

Mais certaines variables sont qualitatives (ex. catégorielles) : type de classe (small), type d’école, région, religion, genre…

  • Variables indicatrices (dummy), qui valent 1 si une condition est vraie et 0 sinon. Une indicatrice est une variable discrète binaire (valeurs 0 et 1).

⚠️ Le codage numérique d’une variable catégorielle est arbitraire (ex. school : 1 = centre-ville, 2 = rural, 3 = périurbain, 4 = urbain). « +1 unité » n’a pas de sens !

Variable indicatrice : interprétation

\text{score}_i = \beta_0 + \beta_1\, \text{taille}_i + \beta_2\, \text{religieuse}_i + e_i

religious = 1 si l’école est religieuse, 0 sinon. regress avgmath classize religious :

  • b_0 = 61.31 : score prédit dans une école non religieuse avec une classe de 0 élève.
  • b_1 = 0.23 : à statut religieux constant, un élève de plus est associé, en moyenne, à +0.23 point.
  • b_2 = -3.78 : à taille de classe constante, les écoles religieuses ont en moyenne un score inférieur de 3.78 points à celui des écoles non religieuses.
  • b_0 + b_2 : score prédit dans une école religieuse avec une classe de 0 élève.

\rightarrow Le coefficient d’une indicatrice est une différence de moyennes par rapport à la catégorie de référence (religious = 0). Démonstrations : voir l’annexe.

Variable indicatrice : graphiquement

Deux droites parallèles (même pente b_1), décalées verticalement de b_2.

Pas de collinéarité parfaite

Condition : aucun régresseur ne peut être une combinaison linéaire exacte des autres (ni de la constante). Sinon, les MCO ne peuvent pas séparer leurs effets.

Exemple : le piège des indicatrices. On crée is_religious et is_notreligious et on les met toutes les deux dans la régression :

gen is_religious    = religious == 1
gen is_notreligious = religious == 0
reg avgmath is_religious is_notreligious classize

Pour chaque école : is_religious + is_notreligious = 1 = la constante.

\Rightarrow collinéarité parfaite : Stata supprime automatiquement une variable (omitted).

⚠️ Règle : avec G catégories, on inclut G-1 indicatrices. La catégorie omise est la référence ; les coefficients se lisent par rapport à elle.

Exercice 2 : le piège des indicatrices

Données star_data.dta (chapitre 3). Supprimer les observations avec des valeurs manquantes.

  1. Créer trois indicatrices : small (petite classe), regular (classe normale) et regular_plus (classe normale + aide). Que vaut small + regular + regular_plus pour chaque élève ?

  2. Régresser math sur small, regular et regular_plus. Que se passe-t-il ? Quelle est la catégorie de référence ?

  3. Comparer avec regress math i.star. Les résultats sont-ils cohérents ?

Plan du cours

  1. Le modèle de régression linéaire multiple (RLM)
  2. Le biais de variable omise
  3. Variables quantitatives et variables indicatrices
  4. R^2 ajusté

R^2 et R^2 ajusté

Comme au chapitre 2 : \;R^2 = \dfrac{SCE}{SCT} = 1 - \dfrac{SCR}{SCT} \in [0, 1]

  • Le R^2 augmente toujours (ou reste constant) quand on ajoute un régresseur, même inutile.
  • Un R^2 faible ne veut pas dire que le modèle est mauvais, et ne dit rien sur l’interprétation causale des coefficients.

Le R^2 ajusté pénalise l’ajout de régresseurs :

\bar R^2 = 1 - \frac{n-1}{n-k-1}\,\frac{SCR}{SCT} = 1 - \frac{n-1}{n-k-1}\,(1 - R^2)

où n = nombre d’observations et k = nombre de régresseurs (hors constante).

[Propriétés] R^2 ajusté

\bar R^2 = 1 - \frac{n-1}{n-k-1}(1-R^2)

  1. Le R^2 ajusté est toujours inférieur ou égal au R^2 :

    \bar R^2 \leq R^2

  1. Que se passe-t-il lorsqu’on ajoute une variable explicative ?

    • Le R^2 ne peut pas diminuer, même si la nouvelle variable apporte très peu d’information.
    • Le \bar R^2 tient compte du nombre de variables explicatives :
      • Il augmente si la nouvelle variable améliore suffisamment l’ajustement.
      • Il diminue si l’amélioration est trop faible

Exercice 3 : récapitulatif (révision à la maison)

On utilise les données STAR (star_data.dta) pour réviser les points précédents.

  1. Garder les élèves de 2e année (grade). Régresser math sur i.school (regarder d’abord tab school). Interpréter les coefficients. Quelle est la catégorie de référence ? Quelle pourrait être une variable omise ?

  2. Calculer la part d’élèves bénéficiant d’un repas gratuit (lunch = “free”) par school. Qu’observez-vous ? Ajouter lunch à la régression précédente. Comment les coefficients changent-ils ?

  3. Régresser math sur i.star, puis ajouter gender, ethnicity, lunch, degree, experience et school. Comme STAR est une expérience aléatoire, le coefficient de star devrait-il beaucoup changer ? Qu’en concluez-vous sur la randomisation ?

  4. Quel est le R^2 ajusté de cette dernière régression ? Comment l’interpréter ?

Annexe

Variable indicatrice : démonstrations

Annexe Variable indicatrice : b_0 et b_1

\widehat{\text{score}} = b_0 + b_1\, \text{taille} + b_2\, \text{religieuse}

Constante. Pour une école non religieuse avec une classe de taille 0 : \widehat{\text{score}}(\text{religieuse} = 0,\ \text{taille} = 0) = b_0 + b_1 \times 0 + b_2 \times 0 = b_0

Pente de la taille. À statut religieux R \in \{0,1\} fixé, comparons une classe de taille n_1 + 1 et une classe de taille n_1 : \widehat{\text{score}}(R,\ n_1 + 1) - \widehat{\text{score}}(R,\ n_1) = \big[b_0 + b_1 (n_1 + 1) + b_2 R\big] - \big[b_0 + b_1 n_1 + b_2 R\big] = b_1

\Rightarrow b_1 = variation prédite du score associée à un élève de plus, à statut religieux constant (la même pour les deux types d’écoles).

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Annexe Variable indicatrice : b_2

À taille de classe T fixée, comparons une école religieuse et une école non religieuse :

\widehat{\text{score}}(\text{religieuse} = 1,\ T) = b_0 + b_1 T + b_2

\widehat{\text{score}}(\text{religieuse} = 0,\ T) = b_0 + b_1 T

\widehat{\text{score}}(1,\ T) - \widehat{\text{score}}(0,\ T) = b_2

\Rightarrow b_2 = différence de score prédit entre écoles religieuses et non religieuses, à taille de classe constante.

Et b_0 + b_2 = score prédit dans une école religieuse avec une classe de taille 0.

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